La pluie ruisselle sur mon visage, j’ouvre enfin les yeux.
Je vois pour la première foi, je vie et respire pour la première foi. Ca me fait bizarre car je suis dans la trentaine, je ne me rappelle plus très bien.
J’ai le souvenir d'un bruit sourd mais bref. Un claquement qui résonna dans ma tête un instant. Une douleur vive m’arracha mon dernier souffle et voilà je que je respire a nouveau.
Je suis là mais en même temps je suis ailleurs. Je ne suis jamais venu ici, je ne sais pas où est cet ici !
Je ne sais pas ce que sont ses vieux bâtiments sombres et inquiétants, ni qui sont ses rares passants qui marchent tel des automates sans but, tous vêtus dans des couleurs aussi attrayante que les nuances de gris que je n’avais jamais vu aussi subtil.
Cette pluie lave mon âme qui semble vierge. Je ne sais qui je suis ni d’où je viens et ne connais pas mon avenir, cela me réjouis !
Je regarde cette longue avenue vide de véhicule, vide de vie. Je décide enfin de descendre les marches de ce théâtre dessert.
Je me rappelle ce goût du métal qui empli ma bouche en même temps qu’il ravage mon cerveau. Je sens cet éclat de fer qui déchire mes chairs, et je rie.
Je vois cette page blanche qui m’ait donnée, cette chance qui m’es offerte de tout recommencer, dommage que se soit dans un nul part.
Une voie s’offre à mon ouïe, je me retourne et me retrouve devant un petit vieux bossu tirant une charrette aussi branlante que vide.
Un flash de lumière me revient, celui qui fut avec le bruit sourd, celui qui annonce la douleur et ce goût glacé qui envahi mon palais.
Tu es le veilleur me dis le vieillard d’une voie usée.
Tu es celui qu’on attend, qu’ils attendent.
Tu es celui qui fut et qui sera, celui qui fera ou ne fera pas !
La pluie ruisselle sur mon visage, j’ouvre enfin les yeux.
Je vois pour la première foi, je vie et respire pour la première foi, et déjà je regrette !